3 jours en Amazonie

Mai 4, 2022 | Colombie, Découvertes, Destinations

Lors de notre arrivée en Colombie nous avions plusieurs lieux en tête qui nous paraissaient incontournables. Parmi eux, la forêt Amazonienne et la ville de Leticia.
Qui n’a jamais  rêvé de jouer les aventuriers dans la jungle la « plus hostile au monde » ? Nous en tout cas, on en rêvait !

L’arrivée à Leticia

C’est donc depuis Bogota que nous avons pris un avion pour la ville de Leticia. Uniquement accessible par voie aérienne, Leticia est une petite ville (sans grand intérêt) perdue au milieu de la forêt amazonienne. Sa particularité est d’être située à la limite des frontières de la Colombie, du Pérou et du Brésil.
Dès notre arrivée à l’aéroport nous avons été accueillis par des dizaines de commerciaux des différentes agences de voyage et d’excursions. C’est aussi l’avantage de la ville de Leticia, vu que le seul intérêt de cette ville sont les excursions dans la forêt amazonienne il y a pléthore d’agences qui se battront pour que vous fassiez l’excursion avec elles. A vous de faire votre choix. Des plus aventurières (4 jours d’excursions intensifs avec nuit en hamac dans la jungle) aux plus tranquilles (1 journée d’excursion), il y en a pour tous les goûts.
Pour notre part, nous avons choisi  de faire affaire avec l’agence Gamboa pour leur tour de trois jours et deux nuits. Une nuit aura lieu dans une sublime cabane flottante au milieu de l’Amazone, et l’autre au sein de la communauté du même nom que l’agence, GAMBOA. Petite info: Nous avons réussi à négocier notre trip de 1.300.000 Pesos colombien à 1.000.000 pour deux. N’hésitez donc pas à bien négocier avec vos interlocuteurs !

Notre trip amazonien

La veille de notre départ nous découvrons les averses amazoniennes. Autant dire que ces averses surprendraient même les bretons (ok c’est gratuit ;)). Une pluie diluvienne s’abat sur nous, à tel point qu’on en vient à douter de la bonne tenue de notre excursion. Nous contactons l’agence qui nous explique que ce type de déluge est totalement habituel et que cela n’impactera en rien notre trip. Double K Way sur les épaules, bottes de pluie aux pieds nous voilà donc parés pour jouer les aventuriers en Amazonie.
Notre voyage commence par une heure de bateau sur l’Amazone pour rejoindre la jungle Amazonienne. A notre arrivée sur la terre ferme, notre guide nous propose à tous des bâtons de marche qui, plus que pour faciliter la marche, nous serviront principalement à soulever chaque feuille et à bien s’assurer qu’on ne risque pas de marcher sur un serpent vénéneux.
Lors de notre arrivée nous comprenons assez rapidement pourquoi notre guide parle de trois heures de randonnée pour rejoindre notre cabane flottante à seulement quatre kilomètres. Avec les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région depuis plusieurs jours, nous avançons dans 20cm d’eau. Au-delà de la difficulté due au terrain, nous découvrons que dans la forêt amazonienne il est imprudent d’essayer d’avancer rapidement. Malgré l’humidité, la chaleur et les moustiques c’est surtout psychologiquement qu’il est fatigant de se déplacer en Amazonie. Il faut en effet ne jamais relâcher sa vigilance et toujours regarder où on pose pieds et mains pour éviter les mauvaises surprises. Contrairement à ce que nous pensions, la forêt amazonienne n’est pas si pleine de vie que ça. On ne croise que peu d’animaux qui profitent de l’immensité de la jungle pour nous éviter.

Après quelques heures de marche nous arrivons donc à notre fameuse cabane flottante sur la lagune Piranha (un nom pareil ça ne s’invente pas). Plus qu’une cabane, il s’agit en fait d’une vraie maison flottante construite par les salariés de l’entreprise pendant la pandémie. La vue y est autant sublime que le confort y est spartiate (par exemple il n y a pas d’eau courante et seulement quelques prises d’électricité). Malgré cela, on a pensé que se laver avec l’eau de l’Amazone était un prix bien dérisoire à payer pour séjourner dans un lieu si exceptionnel. Dès notre arrivée notre guide nous propose de prendre une des pirogues pour aller explorer la lagune. Cet instant, à naviguer à deux, dans un silence absolu seulement interrompu par quelques cris d’oiseaux restera à jamais gravé dans notre mémoire.
Après un bon repas, et une petite heure de repos, il est temps d’aller découvrir la vraie forêt amazonienne par le biais d’une exploration… nocturne ! On commence cette session par un peu de navigation sur la lagune à la recherche de caïmans. On a été très impressionnés quand notre guide a réussi à en attraper un (adolescent) à mains nues pour nous le montrer de plus près avant de le relâcher rapidement. Alors qu’on avait déjà eu quelques frissons (la pirogue est vraiment à hauteur d’eau et avec une visibilité réduite je ne vous cache pas qu’on a bien sursauté à chaque bruit) nous allions maintenant jouer vraiment les aventuriers en nous baladant dans la forêt la nuit.

Notre première marche nocturne en Amazonie

Si se promener dans la forêt de jour est déjà stressant par ce besoin constant de ne jamais relâcher son attention, les balades nocturnes permettent de prendre la pleine conscience de l’hostilité de cet endroit. On a l’impression qu’il y a des tours de garde pour les animaux de la forêt : le jour on peut croiser quelques oiseaux ou singes et la nuit c’est l’heure des bestioles beaucoup moins sympathiques… Tarentules, scorpions, serpents… Tous ces animaux dangereux et terrifiants sont principalement actifs la nuit… On a donc marché plus d’une heure, armés de nos lampes frontales, à la recherche de ces fameuses bestioles dangereuses. Après seulement quelques mètres, nous voici face à notre première tarentule. Ce qu’on ne savait pas c’est qu’on allait en croiser plus d’une dizaine en moins d’une heure…. Nous avons même frôlé la catastrophe quand Pauline a posé son bâton proche d’un serpent. Ne sachant pas de quelle espèce il s’agissait, et vu que la plupart des serpents ne sont pas agressifs, nous ne nous sommes pas éloignés de suite. Soudain nous avons vu le serpent se redresser et le guide nous hurler de nous reculer. Nous étions en fait face à l’un des rares serpents agressifs, un fer de lance (culebra ergon en espagnol). Au final plus de peur que de mal mais surtout une bonne leçon retenue : ne jamais relâcher son attention et surtout toujours être sur ses gardes.

Pêche aux piranhas

Le lendemain matin nous nous lançons dans l’une des activités amazonienne les plus connues : la pêche aux piranhas. Pour y parvenir nous faisons près d’une heure de pirogues au milieu des hautes herbes (au grand plaisir de victor qui servait de bouclier anti-araignée au reste du bateau). Une fois à l’endroit désiré, notre guide nous fournit des cannes à pêches artisanales et nous demande de tous les agiter dans l’eau pour faire beaucoup de bruit. Bien que nous ne soyons pas de grands pécheurs en France, nous avons été surpris de cette approche bruyante. Notre guide nous explique que les piranhas sont des chasseurs et que le bruit de nos cannes dans l’eau peut ressembler à un animal blessé qui se débat et donc à une proie. Quelques minutes après le début de notre pêche, Victor sent une très forte traction au bout de sa ligne. Il tire et attrape donc fièrement son premier piranha. En une heure de pêche, nous en avons attrapé une dizaine.
Après cette session pêche improbable nous reprenons la route pour notre point d’entrée dans la jungle afin de rejoindre la communauté Gamboa où nous allons passer la nuit. Lors de cette navigation nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion d’apercevoir de près les fameux dauphins roses de l’Amazonie. Nous avons juste pu en observer quelques spécimens de loin.

Découverte de la communauté Gamboa

Après une heure de navigation, nous avons donc rejoint la communauté Gamboa. Voir de près comment vivent ces gens au milieu d’un des endroits les plus hostiles au monde est vraiment une expérience hors norme. Pour nous mettre rapidement dans l’ambiance, un perroquet sauvage vient directement prendre les cheveux de Victor pour un nid pendant qu’un serpent liane perroquet (non venimeux)  passe devant notre habitation, aucun doute nous sommes toujours en Amazonie. La communauté de Gamboa est organisée comme n’importe quel village. On y retrouve une école, une épicerie, des terrains de football et de volley, et une multitude de grandes maisons couvertes, car les familles ici sont très nombreuses. Pas de police dans le village, seulement un « maire » qui tranche lui-même chaque conflit, allant jusqu’à exclure certains membres de la communauté si nécessaire.
Suite à cette découverte de la communauté nous partons pour une nouvelle marche nocturne avec Sergi notre nouveau guide bilingue français. Encore une fois, tarentules, serpents et autres bestioles effrayantes sont de sortie. Malgré tout, on a eu droit à une mignonne surprise en apercevant un opossum, mammifère uniquement actif la nuit. Une fois la marche nocturne finie nous avons eu la chance de profiter d’un super dîner romantique à la bougie avant d’aller se coucher.

Le lendemain, dernière journée de marche dans la forêt cette fois l’objectif n’est pas de rechercher la faune mais bien d’explorer la flore. Arbres caoutchouc, séquoia géant, arbres à fruit, Sergi passe beaucoup de temps à nous apprendre tout ce qu’il sait sur la flore locale. On a beaucoup apprécié d’apprendre comment les locaux utilisaient certaines caractéristiques pour améliorer leur quotidien (caoutchouc pour confectionner des outils, sève vénéneuse pour mettre au bout des flèches, lianes pour confectionner des arcs…)
Une fois cette marche terminée Victor en a profité pour faire trempette dans l’Amazone (pas demain la veille qu’une telle occasion se représentera) avant que nous rentrions vers Leticia en bateau pour conclure ces trois jours autour d’un délicieux ceviche de pirarucu, poisson endémique amazonien.

Notre bilan :

A notre arrivée en Colombie nous souhaitions vraiment visiter la forêt amazonienne. Dire que nous n’avons pas étés déçus serait un euphémisme. Cet endroit est vraiment à la hauteur de sa réputation. On sent que l’homme n’est pas le maître des lieux et que s’il veut survivre il doit s’y adapter. On ne peut que recommander à tous ceux qui  le souhaitent de se laisser tenter par une telle aventure.

 Ce qu’on a aimé :
⦁ La faune
⦁ La flore
⦁ La découverte de la communauté Gamboa
⦁ La nuit dans la cabane flottante

Ce qu’on a moins aimé :
⦁ Les moustiques (littéralement un cauchemar, il faut empiler au moins deux couches pour éviter les piqûres)
⦁ La malarone (on a pris le traitement et nos estomacs s’en souviennent encore)
⦁ L’humidité de près de 100% et les 30 degrés qui font vraiment de la forêt amazonienne un endroit hostile à l’être humain

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